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Les effets physiologiques et psychologiques de la compassion et de la colère

Glen Rein, Mike Atkinson et Rollin McCraty
Journal of Advancement in Medicine. 1995; 8(2): 87-105. Réimprimé avec autorisation.

Résumé

L'IgA salivaire, la fréquence cardiaque et l'humeur ont été mesurés chez trente personnes avant et après un épisode de compassion ou de colère. Deux méthodes d'induction des états émotionnels ont été comparées : l'auto-induction et l'induction externe par des cassettes vidéo. La colère a engendré une augmentation importante des perturbations de l'humeur et de la fréquence cardiaque, mais pas des taux de S-IgA. Les émotions positives, par contre, ont produit une forte augmentation des taux de S-IgA. En examinant les effets sur une période de six heures, nous avons remarqué que la colère, contrairement à la compassion, a causé une nette inhibition de S-IgA pendant une à cinq heures après l'expérience émotionnelle. Les résultats montrent que l'auto-induction d'états émotionnels positifs est plus efficace pour stimuler les taux de S-IgA que les méthodes externes utilisées précédemment. Les techniques d'auto-induction peuvent donc être utiles pour minimiser les effets immunosuppresseurs des émotions négatives.

Introduction

L'immunoglobuline A salivaire (S-IgA) est la principale catégorie d'anticorps présents dans les sécrétions muqueuses [1], assure la première ligne de défense contre les agents pathogènes dans les voies respiratoires supérieures, le système gastro-intestinal et le tractus urinaire [2] et est souvent utilisée comme mesure de l'immunité sécrétoire. Une hausse des taux de S-IgA est associée à une diminution de l'incidence des maladies et de la réceptivité aux infections des voies respiratoires supérieures [3, 4].

Bien qu'il soit de notoriété publique que des facteurs psychosociaux, notamment des événements très stressants, induisent des effets défavorables sur une variété de fonctions immunitaires [5], rares sont les études qui distinguent les états affectifs spécifiques d'un stress généralisé. Les agents stressants mineurs associés à des événements quotidiens négatifs affectent l'humeur [6, 7] et, fait quelque peu surprenant, les petites fluctuations d'humeur sont plus fortement liées aux maladies que les facteurs de stress majeurs [8]. L'étude s'est intéressée à l'effet des émotions et des humeurs sur le système immunitaire [5] et sur la fréquence et la gravité des maladies et la réceptivité à celles-ci [9, 10].

La réduction du taux de S-IgA s'observe suite à une série de facteurs psychosociaux dont des situations de vie stressantes, la suppression d'un soutien social [11] et des états émotionnels négatifs comme le deuil [12], l'anxiété [13] et le besoin d'avoir du pouvoir et de l'influence sur les autres [3, 14]. Les effets immunosuppresseurs des émotions négatives semblent aussi être à l'origine d'une diminution du nombre de lymphocytes [15] et d'une inhibition de l'activité des cellules NK [16].

Par contre, peu d'études se sont penchées sur les effets des émotions positives sur le système immunitaire. Stone [17] a étudié les états affectifs normaux en mesurant les fluctuations quotidiennes de l'humeur et a observé un rapport entre les jours où les personnes étaient d'humeur positive et des taux élevés de S-IgA. Des études antérieures sur les émotions positives de la joie et du bonheur ont abouti à des résultats divers, certains chercheurs ayant observé un renforcement immunitaire [18-20] tandis que d'autres ont fait état d'une immunodépression [15] ou d'aucun changement en matière d'immunité [15, 21].

Une autre approche pour étudier les états émotionnels positifs est le recours à des personnes présentant des caractéristiques psychologiques d'amour et de compassion. Ces qualités, appelées motivation d'affiliation, se définissent comme un désir d'établir et d'entretenir des relations chaleureuses avec les autres. Les personnes recevant un soutien social adéquat affichent des tendances d'affiliation plus marquées [22], ont moins de stress [22], sont moins sujettes aux pics d'hormones de stress après un événement stressant [23] et sont moins susceptibles de tomber malades [3, 24]. Ces personnes ont aussi tendance à avoir une activité accrue des cellules NK [16] et des taux de S-IgA supérieurs, même en période de stress [11, 25]. McClelland et Kirshnit [26] ont signalé que des qualités d'affiliation pouvaient être induites chez des sujets en les faisant regarder une vidéo du travail de Mère Teresa auprès des mourants en Inde, ce qui produit chez eux une augmentation immédiate des taux de S-IgA.

Cette étude avait pour objectif de vérifier les effets immédiats et après 6 heures des émotions positives et négatives sur l'immunoglobuline salivaire. Nous avons également comparé la méthode externe plus traditionnelle pour induire les émotions (diffusion de vidéos sélectionnées aux sujets) à une nouvelle technique de gestion du stress qui aide les sujets à induire eux-mêmes et expérimenter des émotions positives réelles. Nous avons aussi examiné l'évolution à court terme des taux de S-IgA après une expérience émotionnelle pour vérifier l'hypothèse selon laquelle les variations maximales des taux de S-IgA se produisent pendant ou immédiatement après avoir ressenti des émotions.

Méthodes

Sujets

Un total de trente sujets, 13 hommes et 17 femmes, ont été répartis empiriquement dans les différents sous-groupes de cette étude. Tous les sujets étaient en bonne santé et aucun ne présentait de symptômes respiratoires, refroidissements ou maux de tête. L'âge des sujets allait de 17 à 50 ans (moyenne = 38). Tous les individus partageaient le même horaire de travail, cycle de sommeil, environnement social et régime alimentaire. Aucun des sujets n'était sous traitement médical et, les 8 heures au moins précédant chaque période de test, ils s'abstenaient de fumer, de faire de l'exercice, de manger ou de boire autre chose que de l'eau. Tous les sujets ont suivi une formation sur la technique de gestion du stress appelée Freeze-Frame décrite en détail à un autre endroit [27].

Modèle expérimental

Toutes les expériences commençaient à 10 h 00 pour minimiser les variations diurnes. Une étude préliminaire avait pour but de tester les différents effets des émotions auto-induites (Freeze-Frame) et induites par un stimulus extérieur (cassettes vidéo) sur les S-IgA. Vingt sujets ont été répartis au hasard en quatre groupes de cinq personnes chacun. Deux des groupes ont été invités à ressentir de la compassion et/ou de l'empathie (E&C) tandis que deux autres devaient ressentir de la colère et/ou de la frustration (C&F). Les deux groupes étaient testés à deux occasions distinctes séparées de deux jours. Des méthodes d'auto-induction et d'induction externe ont été utilisées pour les groupes E&C et C&F. La méthode d'auto-induction était plus efficace pour générer des états émotionnels et stimuler les taux de S-IgA et a donc été retenue pour l'étude principale afin de déterminer les effets à long terme d'E&C et C&F sur les taux de S-IgA. Durant l'étude principale, les sujets ont été regroupés par âge et sexe et ont été répartis au hasard en trois groupes de dix personnes. Un groupe a expérimenté la C&F, le deuxième groupe l'E&C et le troisième groupe faisait office de groupe témoin. Tous les individus de chaque groupe ont été testés sur une journée et les trois groupes ont été testés sur une période de sept jours.

Durant l'étude préliminaire, des échantillons de salive ont été prélevés sans stimulation dans un tube gradué sur une période de 4 minutes selon la procédure de Kerr [28]. Ces échantillons ont été prélevés à l'arrivée au labo et après une période de 15 minutes de repos. La différence entre ces deux échantillons a servi de contrôle des effets de la relaxation. Les sujets ont été invités à s'asseoir calmement et à ne pas modifier intentionnellement leur état émotionnel pendant la période de repos. Ils ont ensuite dû expérimenter un état émotionnel spécifique pendant 15 minutes. A l'issue de cette période, un nouvel échantillon de salive a été prélevé pendant 4 minutes et les sujets ont complété un rapport sous forme de questionnaire pour évaluer leur niveau d'éveil émotionnel. Les échantillons de salive ont été congelés dans l'heure de leur prélèvement et conservés dans de l'azote liquide.

Pour l'étude principale, il a été demandé aux sujets de ressentir l'état émotionnel pendant 5 minutes. A leur arrivée, chaque sujet a été équipé pour une surveillance par ECG. Des échantillons de salive sans stimulation ont été prélevés juste avant et après les stimuli émotionnels. De plus, des échantillons ont été prélevés sur différentes durées pour déterminer si un prélèvement plus long masquait la réponse de S-IgA pendant l'expression émotionnelle. Un échantillon de 0,25 ml (correspondant à 15 secondes), un échantillon d'une minute et un échantillon de trois minutes ont été prélevés pour obtenir des valeurs de base. Un échantillon supplémentaire de 0,25 ml et quatre échantillons d'une minute chacun ont aussi été prélevés juste après l'expérience émotionnelle. Le premier échantillon d'une minute de cette séquence a été comparé à l'échantillon témoin d'une minute. La moyenne des quatre échantillons d'une minute de la séquence a ensuite été calculée et comparée à la moyenne obtenue en additionnant tous les échantillons témoins d'une minute.

En plus de ces échantillons, des échantillons de 0,25 ml ont été prélevés chaque heure pendant 6 heures en commençant une heure après l'expérience émotionnelle. Un volume fixe de 0,25 ml a été choisi comme volume moyen collecté durant 15 secondes parce qu'il était plus pratique que les sujets remplissent un tube à essai jusqu'au niveau indiqué.

Les sujets témoin n'ont pas reçu d'instruction concernant leur état émotionnel. Des échantillons de 0,25 ml de salive sans stimulation ont été prélevés avant et après avoir écouté une sélection équilibrée de musique émotionnellement neutre pendant 5 minutes.

Etats émotionnels induits

Les émotions E&C et C&F ont été choisies comme états émotionnels positifs et négatifs représentatifs. Dans les deux cas, il a été demandé aux participants de ressentir ces émotions aussi intensément que possible. Les sentiments d'empathie et de compassion ont été induits par deux méthodes différentes : l'auto-induction intentionnelle et la stimulation externe par des cassettes vidéo. Pour faciliter la méthode d'auto-induction, une technique appelée Freeze-Frame a été utilisée. Cette technique permet aux participants de se libérer consciemment des réactions mentales et émotionnelles aux événements intérieurs ou extérieurs en déplaçant leur attention vers la zone physique entourant le cœur, l'endroit où la plupart des gens ressentent subjectivement les émotions positives et en se concentrant sur les sentiments d'empathie et de compassion envers quelqu'un ou quelque chose [27, 29, 30]. Dans la méthode externe d'induction des émotions positives, les participants ont été invités à ressentir librement toutes les émotions rencontrées lors de la diffusion de la cassette vidéo de Mère Teresa, une sœur chrétienne catholique qui s'est occupée des malades et des mourants dans les bidonvilles de Calcutta.

Des états émotionnels négatifs ont été induits par des méthodes d'évocation personnelle et de stimulation vidéo. Les émotions auto-induites ont été obtenues en demandant aux sujets de se rappeler des situations de leur propre vie où ils ont ressenti de la colère et/ou de la frustration. Les sujets ont été invités à revivre et conserver ces sentiments autant qu'ils le pouvaient. Dans la seconde méthode, les participants ont reçu la consigne de ressentir toutes les émotions qu'ils rencontraient lors de la diffusion d'une vidéo de scènes de guerre spécialement créée, dans la lignée de celle utilisée par McClelland [26].

Tests psychologiques

Au cours de l'étude préliminaire, un questionnaire d'auto-évaluation a été utilisé pour déterminer l'humeur. Il s'agissait de sept questions visant à définir l'intensité et la durée des états émotionnels. L'intensité était quantifiée sur une échelle de 10 points où 1= « très faible » et 10= « très fort ». La durée a été mesurée en pourcentage de la période expérimentale totale où l'émotion a été ressentie. Un score moyen de l'humeur a été calculé en multipliant l'intensité des sentiments par la durée de l'émotion. Des scores d'humeur moyens supérieurs reflètent une expérience émotionnelle plus profonde. Un second questionnaire avait pour but de décrire qualitativement les autres émotions ressenties et la présence de symptômes physiques. Les deux questionnaires ont été remis immédiatement après la période expérimentale. Le questionnaire qualitatif a aussi été complété durant l'étude à long terme à intervalles d'une heure tout au long de la journée.

Parallèlement à ces questionnaires, les variations d'humeur ont été évaluées dans les études à long terme à l'aide du test Profile of Mood State (POMS) (EdiTS/Educational and Industrial Testing Service, San Diego, CA) destiné à mesurer des états affectifs transitoires. Les tests POMS ont été réalisés directement avant et après l'expérience des états émotionnels. Tous les sujets ont évalué le degré d'adéquation d'une série d'adjectifs (65 au total) pour décrire leur état d'esprit actuel. Chaque adjectif a été noté sur une échelle d'intensité de 5 points allant de « pas du tout » à « extrêmement ». La note de perturbation totale de l'humeur (TMD = total mood disturbance) a été obtenue en additionnant les scores de chacune des six humeurs primaires. Selon le manuel POMS, toutes les humeurs, excepté la vigueur, ont reçu un score négatif. Des scores supérieurs indiquent une perturbation supérieure de l'humeur.

Détermination de la fréquence cardiaque

Des électrodes jetables Ag/AgCl ont été utilisées pour toutes les mesures ECG bipolaires. L'électrode positive était placée à gauche au niveau de la 6e côte et l'électrode de référence était fixée sur le haut de la poitrine, sous le cou. Des amplificateurs Grass modèle 7P4 ont été utilisés pour l'amplification ECG. Toutes les données étaient traitées par un digitaliseur 16 canaux 16 bits associé au logiciel du système Bio Pac [31]. Les mesures ECG étaient enregistrées pendant 15 minutes lors du test et 15 minutes après l'expérience émotionnelle dans chacun des tests.

Mesures de S-IgA

Des échantillons de salive ont été analysés pour détecter la concentration d'IgA par la méthode d'immunodiffusion radiale simple de Mancini et al. [32] et commercialisée par Binding Site Inc. Bien que la précision des différentes méthodes de mesure de S-IgA existantes fasse débat, nous avons opté pour le processus d'immunodiffusion radiale pour permettre la comparaison avec des études précédentes sur les effets des états émotionnels. Des aliquotes de salive (5 ul) ont été diluées 1:2 (v/v) dans un soluté physiologique avec tampon phosphate et placées dans les emplacements cylindriques de plaques en gel d'agarose imprégnées d'anticorps anti-S-IgA monospécifique de mouton (Binding Site, San Diego, CA). Chaque plaque contenait aussi une référence de 100 mg/l de sérum humain S-IgA purifié (Binding Site, San Diego, CA). Après 72 heures d'incubation à 20 °C, la réaction de précipitation était terminée et le diamètre de l'anneau a été mesuré avec un micromètre oculaire 8X pour une précision de 0,1 mm. Toutes les mesures des plaques étaient la moyenne de deux lectures distinctes par deux lecteurs et variaient entre 0 et 10 %. Les valeurs de concentration de S-IgA ont été lues sur une courbe standard obtenue à l'aide de sérum humain S-IgA purifié. Les variations entre les plaques d'agarose ont été déterminées en normalisant toutes les valeurs à la norme de référence. Toutes les valeurs S-IgA ont été multipliées par 3,25 selon Brandtzaeg [33] pour corriger le coefficient de sédimentation de S-IgA. La concentration de S-IgA s'exprime en mg/dl.

Analyse statistique

L'importance statistique des données brutes de l'étude préliminaire a été analysée à l'aide du test de mesures répétées par signe de Wilcoxon. Une analyse unilatérale a été utilisée pour comparer des émotions positives puisque les études précédentes ne prévoyaient que des augmentations de S-IgA. Des analyses bilatérales ont été utilisées avec toutes les autres analyses statistiques. La signification générale des données brutes de l'étude principale a été analysée à l'aide d'une analyse de mesure répétée 2 x 2 de la variance (ANOVA) pour tester les effets immédiats des émotions positives et négatives sur les taux de S-IgA. L'effet de chaque stimulus émotionnel sur S-IgA a ensuite été examiné à l'aide d'un test ANOVA unilatéral. La signification générale des résultats à long terme a été analysée selon la méthode de la variance répétée de Friedman par rang et à l'aide du test de Wilcoxon pour l'importance à des intervalles d'une heure.

Résultats

Données psychologiques : étude préliminaire

Les résultats des questionnaires d'auto-évaluation et des mesures de fréquence cardiaque des participants regardant la vidéo de guerre ont indiqué une absence d'uniformité dans les réactions, une large variété d'émotions étant exprimée. Les femmes, par exemple, ressentaient de la compassion plutôt que de la colère face à certaines scènes impliquant des enfants. Certaines personnes (40 %) n'ont pas ressenti de colère et, parmi celles pour qui c'était le cas, les sentiments s'estompaient rapidement. Les symptômes physiques signalés par tous les individus ont été décrits comme une tension légère à moyenne ou une irritation de l'estomac. La fréquence cardiaque moyenne du groupe n'a pas augmenté significativement. Le score moyen d'humeur du groupe était de 315 ± 302. Dans le groupe d'auto-induction de C&F, par contre, les résultats étaient plus cohérents. Tous les sujets ont ressenti de la colère, sans émotion positive conflictuelle signalée. Mais certaines personnes ont aussi fait état de sentiments de frustration ou de ressentiment. Le score moyen d'humeur de ce groupe (616 ± 199) n'était pas très différent (t=2.13, p>0.05) de celui du groupe vidéo. Très typiques, les symptômes physiques décrits ont été un nœud à l'estomac et une personne a même pleuré. Les résultats indiquent que le souvenir d'émotions négatives produit une expérience émotionnelle plus intense que la diffusion de vidéos et a donc été utilisée pour l'étude à long terme.

Les résultats des deux groupes face aux sentiments E&C étaient similaires. L'empathie et/ou la compassion a été ressentie par 90 % des personnes des deux groupes. La plupart des individus n'ont pas réussi à distinguer les sentiments d'empathie de ceux de compassion. Les scores d'humeur totaux moyens étaient aussi semblables dans les deux groupes : 543 ± 180 pour le groupe vidéo et 510 ± 251 pour le groupe d'auto-induction. Aucun symptôme physique désagréable n'a été signalé dans les deux groupes. Pour maintenir la cohérence avec l'auto-induction de colère, la méthode d'auto-induction a aussi été retenue dans l'étude à long terme pour induire des états émotionnels positifs.

Données sur S-IgA : étude préliminaire

Les résultats de la Figure 1 indiquent que les sentiments d'E&C et C&F ont engendré une hausse de S-IgA par rapport au groupe témoin juste après l'expérience émotionnelle. Les données sont normalisées pour faciliter la comparaison entre les groupes.

Néanmoins, les effets dépendaient de la méthode utilisée pour générer les différents états émotionnels. Le groupe de colère auto-induite présentait une augmentation nette des taux de S-IgA (z= -2,02, p0.05) contrairement au groupe regardant la vidéo de guerre (z=-0,37, p>0.05). Dans le cas d'E&C, les deux méthodes aboutissaient à des taux de S-IgA accrus même si la hausse n'était importante que dans le groupe d'auto-induction (z= -1,83, p0.05). Dans le groupe d'auto-induction E&C, 80 % des personnes ont affiché des taux accrus de S-IgA contre seulement 60 % dans le groupe C&F. L'analyse du groupe témoin n'a révélé aucune différence significative des taux de S-IgA (t=0,89, p>0.05) avant et après la période de relaxation.

Effet des états émotionnels sur la concentration de S-IgA

Sur la base des résultats de l'étude préliminaire, nous avons comparé les effets des sentiments auto-induits d'E&C et C&F sur une population plus étendue (n=10) avec les effets d'un groupe témoin écoutant de la musique. Il a été demandé aux sujets de ressentir des états émotionnels pendant 5 minutes puisque l'étude préliminaire a révélé que la plupart des sujets éprouvaient des difficultés à maintenir ces états sur des périodes plus longues. Les résultats de la Figure 2 (pour des échantillons de salive de 0,25 ml) indiquent une augmentation de la concentration de S-IgA juste après l'expérience, que ce soit avec des émotions positives ou négatives, 18 % pour le groupe C&F et 41 % pour le groupe E&C par rapport au groupe témoin avec musique qui affichait une hausse de 12 %. L'analyse ANOVA a révélé que le principal effet de temps, représentant la totalité des différences avant et après pour les deux groupes, était important, F(1,18) = 10.81 (p0.01). Le principal effet d'interaction (condition x temps), cependant, n'a pas atteint d'importance statistique, F(1,18) = 0.42 (p>0.05). La comparaison des deux groupes d'expression émotionnelle à l'aide d'un test unilatéral de mesure répétée ANOVA indique une augmentation significative de S-IgA juste après E&C, F(1,9) = 6.34 (p0.05) bien que la hausse suivant C&F n'était pas significative, F(1,9) = 4,48 (p>0.05). L'analyse des différences avant-après du groupe témoin sous musique n'a indiqué aucun changement important des taux de S-IgA, t=0.41 (p>0.05).

Les effets à long terme sont représentés dans la Figure 2. L'analyse de la variance par rang a révélé que l'effet général avant et juste après l'expérience émotionnelle des deux groupes était significative x2 (6) = 22.32 (p 0.01). Le test de Wilcoxon pour les différents groupes a permis d'observer une diminution nette des taux de S-IgA les cinq premières heures suivant l'expérience de C&F, les taux revenant à la normale à la sixième heure. Par contre, les taux de S-IgA une heure après l'expérience d'E&C n'étaient pas fondamentalement différents des taux de base bien qu'il y ait une tendance graduelle à des niveaux accrus sur la période de six heures.

Les résultats de la Figure 3 comparent les effets d'E&C lorsque différentes périodes de prélèvement de salive étaient utilisées. Malgré une augmentation importante des taux de S-IgA dans les échantillons de 0,25 ml (prélèvement sur 15 secondes), les changements de taux de S-IgA après E&C n'ont pas atteint de signification que ce soit pour des durées de prélèvement d'échantillon d'une minute ou de quatre minutes.

Nous pensions que ces différences pourraient s'expliquer par le fait que les sécrétions de S-IgA se produisaient essentiellement pendant et juste après l'expérience émotionnelle et qu'un prélèvement de salive constant diluait les taux de S-IgA. Les résultats de la Figure 4 présentant les échantillons séquentiels d'une minute soutiennent cette hypothèse et indiquent une diminution continue de la concentration de S-IgA sur la période de quatre minutes. Les échantillons prélevés pendant les deuxième, troisième et quatrième minutes affichaient des concentrations de S-IgA considérablement inférieures à la valeur initiale avec une diminution respective de 17,7 % (z = -3,06, p0.01), 31,6 % (z = -3,92, p0.001) et 39,5 % (z = -3,92, p0.001). De plus, cette diminution des taux de S-IgA était indépendante du volume de salive qui ne diminuait pas continuellement et augmentait même chez certains individus pendant la période de 4 minutes (données non représentées). Ces résultats indiquent que la magnitude de l'augmentation de S-IgA juste après l'expérience émotionnelle diminue progressivement si on utilise des périodes de prélèvement plus longues.

Changements psychologiques

Les résultats des tests POMS (Figure 5) montrent un déplacement marqué de l'humeur psychologique actuelle des personnes ressentant des états émotionnels. Les scores de TMD moyens pour le groupe E&C ont chuté de 19 points (z = -2,70, p 0.01) et ceux du groupe C&F s'envolaient de 95 points (z = -2,80, p 0.01).

Ces résultats confirment l'hypothèse selon laquelle des états émotionnels négatifs augmentent les perturbations de l'humeur tandis que des états positifs les réduisent. Les facteurs POMS individuels, également représentés dans la Figure 5, indiquent une signification dans toutes les différences avant et après, sauf pour la diminution dans le facteur dépression-abattement du groupe E&C. Par conséquent, le groupe E&C présentait de nettes diminutions de la tension-anxiété, colère-hostilité, fatigue et confusion ainsi qu'une augmentation de leur vigueur. Le groupe C&F, par contre, a connu les effets inverses. Ces découvertes sont également confirmées par les résultats des questionnaires d'auto-évaluation. Le score d'humeur moyen de 654 ± 166 pour le groupe E&C était statistiquement supérieur (t=1,83, p < 0.05) à celui de 400 ± 243 du groupe C&F. Ces résultats prouvent que les sentiments d'E&C étaient ressentis avec plus d'intensité et plus longtemps que les sentiments de C&F. Les questionnaires indiquent aussi que d'autres émotions ont été éprouvées dans les deux groupes. Par exemple, le groupe E&C a signalé des sentiments d'amour, d'appréciation et de tranquillité tandis que le groupe C&F a ressenti de la frustration, de l'aggravation et du ressentiment. Par ailleurs, le groupe C&F a fait état d'une série de symptômes physiques dont des maux de tête, des problèmes de digestion, des douleurs musculaires et de la fatigue. Le seul symptôme physique signalé par le groupe E&C était celui de relaxation.

Changements de la fréquence cardiaque

La fréquence cardiaque est passée de 65,3 ± 8,7 à 69,3 ± 8,4 pour le groupe C&F. Avec une analyse ANOVA unilatérale, cet effet était marqué, F = 30,23 (p 0.01). La légère augmentation du rythme cardiaque de 61,2 ± 5,3 à 62,8 ± 4,8 pour le groupe E&C, toutefois, n'a pas atteint le seuil de signification, F = 1,65 (p > 0.05).

Discussion

Une des principales découvertes de cette étude est la démonstration qu'une exposition de 5 minutes à l'E&C augmentait immédiatement les taux de S-IgA contrairement à la C&F. Ces états émotionnels se distinguent aussi en mesurant les effets sur plusieurs heures puisque les taux de S-IgA sont restés bas pendant cinq heures consécutives pour la C&F alors qu'après E&C, les taux sont revenus à la valeur de base au bout d'une heure. Les effets immédiats étaient davantage prononcés quand les émotions étaient auto-induites plutôt que provoquées par la vidéo.

Ces hausses des taux de S-IgA étaient plus visibles quand les échantillons de salive étaient prélevés sur de courtes périodes plutôt que sur les longues périodes choisies dans certaines études précédentes. En général, les échantillons prélevés sur des durées plus longues affichaient des concentrations de S-IgA inférieures à celles des échantillons prélevés sur des périodes plus courtes, quel que soit le volume de salive. Des études antérieures démontrant les effets du stress sur les taux de S-IgA ont observé des résultats similaires que le volume de salive soit pris en compte ou non [11, 26]. Sur la base des résultats de cette étude, nous pensons que les mesures tenant compte du volume de salive ajoutent une variable de confusion lorsque le principal événement physiologique intéressant est la quantité réelle de S-IgA sécrétée par les glandes salivaires pendant ou juste après une expérience émotionnelle. Les durées de prélèvement de 15 secondes utilisées dans cette étude ont permis de mesurer cet événement. La diminution du flux salivaire pendant des états émotionnels de stress ou d'émotions négatives [34] n'était pas au centre de cette étude. Certaines études antérieures peuvent être passées à côté de la réaction de S-IgA aux émotions en diluant les effets avec des durées de prélèvement salivaire plus longues.

Bien que les taux de S-IgA accrus signalés ici juste après des sentiments de colère n'aient pas atteint le seuil de signification, on a observé une augmentation importante de la fréquence cardiaque et des perturbations de l'humeur associées à une série de symptômes physiques dont des céphalées, une bouche sèche et des douleurs musculaires. Ces symptômes se prolongeaient généralement 3 heures après l'expérience initiale de colère et, dans certains cas, persistaient même 6 heures. Il est intéressant de noter que la durée des symptômes désagréables correspondait étroitement à la diminution des taux de S-IgA. Ceci confirme des études antérieures qui démontrent des perturbations du système cardiovasculaire [35] et de l'humeur [36] en relation avec la colère et l'anxiété.

Il est également probable que les changements observés ici étaient spécifiquement dus à l'intervention émotionnelle bien que des interactions possibles entre l'intervention et d'autres facteurs psychosociaux comme le style de vie et la période du cycle menstruel ne puissent être exclues. Ces facteurs sont susceptibles de contribuer aux différences de base entre les groupes, mais il est peu probable qu'ils affectent les variations de S-IgA juste après les expériences émotionnelles. Les différences entre les personnes associées aux variations diurnes ont été minimisées dans cette étude en testant tous les sujets au même moment de la journée. Des études précédentes portant sur la mesure des concentrations de S-IgA pendant des périodes stressantes ont comparé des valeurs de S-IgA sur plusieurs jours sans tenir compte des variations circadiennes [11, 14, 23].

Les effets de la C&F sur S-IgA signalés ici sont similaires à ceux obtenus par McClelland et al. [23] qui ont observé des augmentations importantes de S-IgA et de norépinephrine chez des étudiants après un examen stressant. L'étude de McClelland en corrobore d'autres démontrant une activation sympathique liée aux facteurs de stress [37] à l'aide d'une puissante analyse spectrale des variations de la fréquence cardiaque pour évaluer la régulation sympathique de celle-ci. L'observation d'une accélération cardiaque pendant un épisode de colère soutient notre observation précédente d'une augmentation de l'activité sympathique telle que mesurée par une puissante analyse spectrale pendant la colère [38]. Ces résultats associés aux questionnaires d'auto-évaluation indiquent que les sujets ont réellement ressenti de la colère. Notre étude précédente [38] a aussi prouvé que l'émotion positive de l'appréciation, générée par la technique d'auto-induction utilisée dans cette étude, augmentait l'activité parasympathique. Une activité autonome accrue combinée à des états émotionnels donne un mécanisme expliquant les changements immédiats de taux de S-IgA étant donné que la glande salivaire est innervée à la fois par les systèmes nerveux sympathique et parasympathique et que des neurotransmetteurs adrénergiques régulent l'exocytose découlant de cette glande [39].

La plupart des études ont examiné les changements immédiats de S-IgA après des expériences émotionnelles. Toutefois, McClelland et al. [23] ont découvert qu'après une hausse immédiate des taux de S-IgA, ceux-ci diminuaient ensuite de façon importante un quart d'heure et trois quarts d'heure après un événement stressant. Des réponses immunitaires biphasiques ont également été observées après une injection d'adrénaline [40]. Une réaction biphasique similaire à C&F a été constatée dans cette étude, poussant ainsi les observations originales de McClelland un peu plus loin [23]. Les taux de S-IgA réduits sont restés nettement inférieurs aux taux de base pendant cinq heures après l'expérience émotionnelle de colère. Ces découvertes sont encore plus marquées si on tient compte du contexte des données témoin des études précédentes sur le rythme circadien [41, 42] qui démontrent des augmentations importantes des concentrations de S-IgA entre midi et 18 h, la période choisie dans la présente étude [38, 43].

Ces découvertes peuvent expliquer des incohérences dans les résultats précédents de taux d'IgA après des stimuli émotionnels puisque les durées post-stimulus sont si variées. Ces découvertes laissent aussi entrevoir un mécanisme neuro-endocrinologique possible expliquant l'immunosuppression à long terme associée à des facteurs de stress émotionnel. L'aldostérone [44] et les neuropeptides [39, 45], connus pour être élevés en période de stress, ont une action directe sur les glandes salivaires. Ces résultats ont des implications importantes étant donné la fréquence des émotions stressantes éprouvées par beaucoup de personnes et les effets immunosuppresseurs à long terme apparents de ces émotions.

Il est intéressant de noter que tant les états émotionnels positifs que négatifs ont causé une augmentation immédiate de S-IgA même si celle due à la colère n'était pas significative. Des résultats similaires ont été obtenus par d'autres chercheurs qui ont comparé directement les émotions positives et négatives, par ex. Knapp [15] a observé des diminutions semblables de prolifération lymphocytaire et Futterman [21] a démontré une variabilité semblable dans une série de paramètres immunologiques. Par ailleurs, certains analystes ont obtenu des effets immunologiques opposés avec des émotions positives et négatives [17, 20]. Les résultats de cette étude indiquent que le temps écoulé entre l'expérience émotionnelle et la mesure immunologique est critique et peut expliquer les résultats variables dans la littérature. Les taux de S-IgA accrus signalés ici en réaction à des émotions positives peuvent être dus en partie à la relaxation car, comme les autres [46], nous avons remarqué une tendance à l'augmentation de S-IgA après une période de repos neutre. Néanmoins, les effets constatés ici par les techniques d'auto-induction pour générer des états émotionnels positifs sont bien plus marqués que ceux dus à un état de relaxation généralisé.

La technique d'auto-induction intervenant dans cette étude a produit de fortes augmentations de S-IgA allant jusqu'à 240 % chez certaines personnes. Ces effets prononcés de renforcement immunitaire peuvent s'expliquer par la technique Freeze-Frame utilisée qui se concentre sur les sentiments réellement ressentis associés à des émotions véritables en temps réel. Cette méthode se distingue donc d'autres méthodes comme le jeu de comédiens ou des techniques de souvenir axées sur les composants mentaux/imaginatifs de l'expérience émotionnelle.

Les résultats de cette étude indiquent que l'auto-induction d'un état émotionnel positif est plus efficace que des méthodes externes pour stimuler la S-IgA. Dans une étude précédente, nous avons remarqué que les sentiments d'appréciation générés par la technique d'auto-induction Freeze Frame augmentent l'activité parasympathique mesurée par une analyse spectrale puissante de la variabilité de la fréquence cardiaque [38]. Comme les sécrétions salivaires sont essentiellement activées par des nerfs parasympathiques, la régulation autonome présente un mécanisme pouvant expliquer les augmentations immédiates de S-IgA après des émotions positives. En plus des sentiments d'empathie et de compassion, la technique Freeze Frame a aussi généré un état général de bien-être, des sensations de relaxation et une énergie accrue qui duraient souvent toute la journée. L'application clinique de ces états émotionnels positifs a été démontrée chez des sujets VIH+ qui ont présenté une nette amélioration dans une série de tests psychologiques après un programme d'intervention de six mois comprenant la technique Freeze Frame [43].

Conclusion

L'IgA salivaire, la fréquence cardiaque et l'humeur ont été mesurés chez trente individus avant et après avoir ressenti les états émotionnels de l'empathie et de la compassion (E&C) et de la colère et de la frustration (C&F). Les états émotionnels étaient générés soit par une technique de gestion du stress spécialement mise au point (méthode interne) soit en diffusant des cassettes vidéo aux participants (méthode externe).

Les augmentations de S-IgA après C&F n'ont été observées qu'avec la technique d'auto-induction. Une augmentation importante des perturbations totales de l'humeur a été constatée ainsi qu'une accélération du rythme cardiaque. Une augmentation immédiate de S-IgA après 5 minutes d'exposition à la colère était suivie par une forte diminution conservée pendant cinq heures supplémentaires. Les sentiments auto-induits d'empathie ont causé des augmentations bien plus marquées des taux de S-IgA que les techniques d'induction externe tandis qu'une diminution concomitante des perturbations totales de l'humeur a été constatée avec les deux méthodes. Contrairement ce qui se passe avec la colère, l'augmentation immédiate de S-IgA après avoir ressenti de l'empathie n'était pas suivie d'une chute des taux de S-IgA. Au lieu de cela, on a observé une tendance à des taux élevés pendant les six heures suivantes.

L'étude a mis en lumière une relation non linéaire entre les débits de salive et la concentration de S-IgA grâce à des échantillons séquentiels d'une minute. De plus, les différences avant-après des effets des états émotionnels sur les concentrations de S-IgA indiquent que des durées de prélèvement plus courtes sont plus parlantes. Les résultats confirment et étendent les études précédentes qui s'étaient aussi penchées sur les effets de renforcement immunitaire des états émotionnels positifs. Ces résultats indiquent le besoin d'une gestion efficace des effets immunosuppresseurs à long terme des émotions négatives.

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